Ibrahima Kalil Konaté, ministre de l’Éducation annonce d’autres réformes

« Si le conseil des ministres valide, on va mettre  en place une forme d’évaluation appelée baccalauréat deuxième session… »

 

La semaine dernière, le ministre de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation a accordé une interview à notre rédaction. Le ministre Konaté est largement revenu sur ses récentes missions au Togo et en Turquie. K2 a aussi parlé des réformes engagées par son département notamment dans le cadre de la qualification du système éducatif guinéen. L’homme se meut donc entre exigence, réformes et innovations.

 

Le Diplomate : L’actualité reste dominée par des manifestations à Beyla contre le manque d’enseignants dans des écoles. Selon vous qu’est-ce-qui explique le refus de certains enseignants à rejoindre leurs lieux d’affection ?

 

Ibrahima Kalil Konaté : C’est une désobéissance, c’est le non respect de l’autorité. Je pense que je vais m’employer et prendre des dispositions administratives pour que les gens acceptent de rejoindre leurs  postes.

 

Des dispositions administratives de quelle nature ?

D’abord, je vais amener les salaires où ils sont mutés, et pour avoir le salaire il faut qu’il soit en place. C’est la première mesure et si ça persiste,j’écris à la fonction publique  pour suspendre leurs salaires.

 

Ces enseignants qui refusent d’allerestiment qu’ils sont mal payés et qu’il manque de mesures incitatives. Quelle est votre réponse ?

 

Ce n’est pas un argument ! Ceux qui ont rejoint leur poste, ils n’ont pas les mêmes salaires qu’eux ? Je connais un jeune, un nouveau fonctionnaire de 2017, il était à Matoto, il est actuellement muté à Beyla et il est parti prendre service. Il est même parti avec sa femme. Ils ont un agenda qui est contraire aux autres agendas.

Un jeune fonctionnaire qui n’est pas marié et qui prend deux millions de salaire, comment cela ne peut pas lui satisfaire pour qu’il s’installe.  Et puis cela est accompagné de la prime d’installation qui oscille entre 300.000 et 400.000 GNF. Ils veulent seulement rester à Conakry et on va mettre un terme à cela. On n’est pas enseignant pour Conakry seulement, on est enseignant pour toute  la République. On a construit des écoles dans  tous les districts de la Guinée. Ces citoyens ont besoin de mettre leurs enfants à l’école. C’est pour cela que  l’Etat a engagé cette année seulement  pour le département du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation plus de six mille et quelques enseignants. Donc,c’est vrai, ces six mille  enseignants, ce n’est pas suffisant  parce qu’on a beaucoup d’infrastructures qui existent.

Peut-on affirmer sans risque que l’enseignant guinéen est le mieux payé en Guinée ?

 

Je le confirme. Je vous assure qu’avec le statut particulier de l’éducation, on a  beaucoup d’avantages liés au salaire par rapport aux autres fonctionnaires. Approchez un agent de santé, un agent de l’environnement  ou de l’agriculture.Demandez  son bulletin de salaire et comparez-le à celui d’un enseignant. Vous allez savoir qu’il y a une grande différence entre les deux salaires.

 

Vous venez d’une mission en Turquie où vous avez échangé avec votre homologue Turque et d’autres ministres du continent noir, quelles ont été les leçons tirées et les décisions prises ?

 

Il n’y a pas eu de décision, il n’y a eu que des souhaits. Nous avons exprimé des souhaits auprès du gouvernement Turque pour qu’il nous assiste dans certains domaines où la Guinée se cherche encore alors qu’eux, ils ont de l’expertise. C’est par rapport à la création des lycées techniques, à la mise en place des écoles préscolaires, également à l’alphabétisation. On veut avoir de l’appui financier pour que les jeunes qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école qu’on leur accorde une école de deuxième chance qui constitue l’ouverture des centres NAFA, les centres d’alphabétisation pour leur permettre de pouvoir lire et compter.

 

A quand ces écoles  techniques en Guinée ?

 

On est entrain de travailler sur papier. Il faut aller chercher des compétences ailleurs. Même lors de mon dernier passage à Lomé,  j’ai approché mes collègues de la Cote d’ivoire, du Niger du Burkina-Faso   sur la création de ces types d’écoles. Ils m’ont expliqué beaucoup de chose et je vais même organiser un voyage de travail pourcertains de mes cadres qui vont  aller voir dans les autres pays comment ils sont parvenus à faire asseoir les lycées et les collèges techniques. Nous allons nous employer à cela.Mais je vous pari que notre souhait est de voir ces écoles techniques  en Guinée.

 

Vous annoncez une session de rattrape pour certains candidats au baccalauréat. Comment cela va se passer ?

 

On n’est entrain de réfléchir sur la problématique. C’est un problème sur lequel il faut mûrir  les réflexions parce qu’il est inadmissible qu’à cause d’une seule matière, un enfant échoue au baccalauréat et surtout que la deuxième session est autorisée dans d’autres pays de la sous région. La Guinée veut expérimenter cette pratique. Je ne sais pas si on sera prêt cette année ou l’année prochaine, mais il y a déjà une commission technique qui est entrain de travailler. Si elle finit, on va faire une communication en conseil des ministres. Si le conseil de ministres valide,on va s’acheminer cette année vers la mise en place de cette forme d’évaluation qu’on appelle le baccalauréat deuxième session. Les élèves qui ont échoué dans une seule matière ou qui ont eu 99%, on peut les regrouper par région et ils n’auront qu’à composer dans la seule matière où ils n’ont pas eu la moyenne. S’ils obtiennent la moyenne on leur déclarera admis au baccalauréat  pour la deuxième session.

 

La rédaction

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