La rentrée universitaire 2017-2018 a buté ce lundi contre la décision des enseignants assistants qui décident d’en découdre avec les autorités de l’enseignement supérieur. En effet, les enseignants et maitres assistants ont décidé de boycotter les cours à cause de non satisfaction de leurs points de revendication.

 

Du côté des étudiants, ils étaient nombreux ce lundi, 16 octobre à répondre présents dans les différentes universités publiques et instituts de formation supérieurs. Seulement les professeurs ont brillé par leur absence. Et du coup, ces nombreux étudiants sont restés massés dans les cours sans avoir le premier contact avec les enseignants.

 

Une situation difficile qui découle du bras de fer entre les autorités du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et les enseignants, assistants et maitres assistants et qui, a commencé le lendemain de la revalorisation des primes de prestation des maitres de conférences et chercheurs des institutions d’enseignement supérieur.

 

Les autorités du système de l’enseignement supérieur ont motivé cette revalorisation par la volonté d’encourager les enseignements et exprimé leur ferme engagement de mettre en place un planning de formation à l’intention des assistants dans la durée.

 

Cependant, ces derniers bien que satisfaits de cette avancée notable dans la revalorisation des primes, ont exigé du Département la prise en compte de leur situation dans cette opération.

 

En plus de la revalorisation de leurs primes, les assistants ont placé d’autres points dans la plateforme revendicative faisant six (6) au total dont trois (3) points non négociables notamment la formation des assistants, la revalorisation des primes des assistants et la retraite définitive de ceux qui ont atteint la durée maximale dans l’exercice.

 

Face à cette guerre de communiqué par média interposés, des pourparlers ont été engagés sans succès pour la simple raison que les autorités sont restées imperturbables. Le ministère reste campé sur sa position et accorde la priorité à la formation en lieu et place d’une quelconque augmentation de prime. Mettant dans l’impasse les négociations et autorisant les assistants à mettre en exécution leur menace.

 

Joint au téléphone ce lundi, 16 octobre 2017 par notre rédaction, Mohamed Kaba, membre du collectif des enseignants chercheurs et attachés de recherche, vice-doyen au centre universitaire de Kindia a déclaré que le mot d’ordre de cessation de cours dans les universités  est respecté à la lettre sur toute l’étendue du territoire national. « Je suis dans l’enceinte du centre universitaire de Kindia, les étudiants sont là et les enseignants absents. Et c’est la même situation dans les autres universités. Par endroit même, les bureaux sont fermés. Nous sommes en contact avec les autres assistants, le mot d’ordre est suivi à la lettre partout… »

 

À la question de savoir pourquoi le mot d’ordre de cessation de cours, ce vice doyen chargé des études ‘’assistant’’ est catégorique : « nous avons lancé ce mot d’ordre parce que tout simplement nous avons adressé un courrier au ministre faisant état de nos six points de revendications. A date, aucune réaction… »

 

Parlant de la situation des enseignants chercheurs et attachés de recherche, notre interlocuteur déclare : « je vous informe que 98% des cours dans les universités sont donnés par les assistants. À tire d’exemple, ici à Kindia, il n’ya qu’un seul professeur de grade et qui est à la retraite depuis. La plupart des facultés est gérée par les assistants. Je suis également vice-doyen de faculté alors que j’ai le titre assistant. Et même le doyen de cette faculté est assistant. Parmi nous, nous avons des docteurs qui trainent encore le titre assistant. Pourtant, beaucoup sont en formation et méritent d’être réintégrés. C’est injuste ce que fait le ministère de l’enseignement supérieur…»

 

Mohamed Kaba indique que le collectif est prêt à assumer toutes les conséquences. « Nous irons jusqu’au bout. S’ils veulent, ils peuvent nous remercier tous mais nous n’allons pas donner les cours sans la satisfaction des trois points non négociables à savoir la formation des formateurs, la revalorisation totale des primes pour tout le monde et la retraite obligatoire ou la cessation des activités de tous les retraités »

 

Aboubacar Condé

 

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