Les forces de maintien d’ordre ont empêché ce lundi, 23 juillet les syndicats à accéder à la Bourse du travail. Des syndicalistes massés devant la Bourse du travail ont été dispersés au même titre que les forces sociales basées à la Tannerie dans la commune de Matoto. Devant ce qu’ils qualifient d’abus d’autorité, l’inter-central USTG-CNTG passe à la vitesse supérieure et promet de porter plainte contre les autorités. Dans un premier temps, ils annoncent une plainte devant les tribunaux guinéens et n’excluent pas le dépôt d’une plainte devant la justice de la CEDEAO et ailleurs.

 

Face aux médias, le 2e secrétaire général de la CNTG a voulu contextualiser leur combat : « Ce que nous défendons ici aujourd’hui, ce n’est pas pour le travailleur seulement, parce que si c’est pour le travailleur simplement, on allait demander 25% d’augmentation et l’histoire est close. Mais qu’est-ce que nous demandons, nous voulons plus de justice sociale pour ce pays, 8000 francs ou rien. Pourquoi nous le disons ? Comment le Pharaon à lui seul peut avoir 857 litres de carburant par jour et qu’on dise au peuple de se saigner ? Pourquoi on ne lutte pas contre la corruption ? Pourquoi on ne lutte pas contre les marchés de gré à gré qui sont en train de gangrener notre pays ? Pourquoi alourdir le budget pour que toutes les mesures draconiennes tombent sur cette pauvre population ? Donc, nous ne pouvons plus nous taire, il faut qu’on agisse. »

 

Revenant sur la poursuite du dialogue avec le gouvernement, le syndicaliste est catégorique : « le dialogue est rompu, la grève illimitée est lancée. Il n’y aura plus de service minimum même dans les hôpitaux. Au niveau de l’aéroport, au niveau du port, ça sera de même. Nous avons compris que ces gens, c’est la force qu’ils connaissent, nous allons utiliser nos propres armes. Nous avons mis en place des comités de réflexion et de stratégies, on va voir s’ils peuvent tenir. Parce que les mines sont déjà bloquées, une journée perdue dans une mine, c’est presque 2 millions 500 mille dollars. Si un gouvernement est réfléchi, il ne peut pas emmener des gens à rester deux semaines sans qu’on ne trouve une solution. Nous étions venus dans l’intention de trouver une solution parce que le Médiateur nous avait convoqués. Mais à la place, nous avons trouvé un groupe de bérets rouges dirigés par un colonel du camp Makambo… », a déclaré Mamadou Mansaré.

 

En réaction face à cette « violente répression », l’inter-centrale décide de porter plainte contre le contrôleur général de la Police Ansoumane Camara Bafoé pour violence exercée contre les syndicalistes.

« Le général Bafoé, je le dis, on portera plainte contre lui devant la justice guinéenne d’abord, devant la justice de la CEDEAO et au niveau international. Nous avons perdu en 2007, 350 jeunes. Nous allons réveiller tout cas. Il faut que toutes les répressions qui ont lieu de 2003 jusqu’à maintenant, que les victimes soient indemnisées. Voici l’une des conditions qu’on va poser », a annoncé le 2e secrétaire général de la CNTG visiblement très remontée.

 

Aboubacar Condé

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE