Les jeunes guinéens, quand ils ne sont pas au chômage, sont des travailleurs pauvres dans leur grande majorité. Inadéquation entre la formation et les besoins du marché font que les chercheurs d’emploi n’exigent point des postes liés à leur qualification.

Les employeurs, peu scrupuleux, profitent donc de cette abondance d’offres pour proposer des salaires de survie qui ne donnent aucune possibilité aux jeunes de se garantir un avenir meilleur. Les filles, généralement titulaires des diplômes professionnels, sont  les moins loties de cette couche de travailleurs pauvres. 

En effet, en Guinée comme dans la plupart des pays africaines,  la population des jeunes croîts plus vite que le nombre d’emplois disponibles. Plus de la moitié des jeunes diplômés sont soient au chômage soient en situation de sous emploi avec des salaires qui s’apparentent à des primes. Cette situation s’explique par les défaillances institutionnelles et la contre performance des systèmes économiques.

L’éducation, contrairement aux idées reçues, n’est pas toujours la clé du problème. « La formation ne constitue en rien une garantie pour trouver un emploi décent. L’éducation est importante, certes, mais il faut avoir une vue d’ensemble du problème.

Beaucoup de jeunes diplômés ne se retrouvent-ils pas, par exemple, chauffeurs de taxi ? ». Pour beaucoup d’experts, le secteur agricole  doit continuer de jouer un rôle important dans les stratégies d’emploi des jeunes et dans les stratégies globales d’éradication de la pauvreté en dépit  d’un exode rural croissant.

Toutefois, les initiatives publiques ne suffisent pas à inverser cette tendance. Il faudra aussi conscientiser les jeunes sur les enjeux des métiers d’avenir dans un environnement économique changeant et en proie aux crises financières qui fragilisent les emplois les mieux rémunérés. L’auto entreprenariat, notamment dans les secteurs de production des biens dont la demande locale reste forte peut paraitre comme une assurance contre le chômage de masse.

Enfin, parallèlement aux politiques d’appoint de lutte contre le chômage, de revalorisation des revenus des jeunes travailleurs, l’Etat doit procéder à une réadaptation des programmes de formation en fonction des exigences du marché du travail et des métiers d’avenir. Ce processus doit être accompagné par des politiques de crédits aux jeunes détenteurs des projets sérieux et jeunes entreprises à forte potentialité de croissance.

 

Sada SYLLA

Mots-clés: pauvreté des jeunes a conakry
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